Je reviens tout juste d'une session de formation que j'ai donnée au Luxembourg. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce pays est sinistre.

Il faut dire que mon séjour était bien mal parti puisque peu de temps après mon départ en train, ce dernier s'arrêtait brutalement entre Epernay et Metz, en rase-campagne suite à la divagation d'un fou sur la voie (je cite le controlleur du train.)

Une heure plus tard, le train repartait et j'arrivai à la Gare de Luxembourg aux alentours de 23h20, dimanche soir. Les gens qui connaissent le Luxembourg sourient déjà : le dimanche soir, passé 23h au Luxembourg, c'est mort. Quand je dis mort, je ne parle même pas de l'absence angoissante de toute trâce d'âme vivante - voire même de bus - dans le grand-duché. Non, je parle surtout de la cruelle inexistance de personnel de nuit dans les hôtels. En tout cas dans mon hôtel. C'est vers 23h45 que j'ai finalement réussi à venir à bout du sommeil de plomb du tenancier de l'hôtel qu'on m'avait réservé. Je me fis alors vertement réprimander quand à mon arrivée tardive. En allemand.

Après avoir fourni ma carte d'identité, mon passeport et mon permis de conduire, donné mes coordonnées bancaires et signé une décharge quand à l'utilisation de l'équipement de ma chambre (!), je me rendis dans cette dernière afin d'y goûter un sommeil réparateur. C'était compter sans le groupe électrogène [1] du voisin jouxtant ma chambre. Lui était insomniaque, semble t-il.

Le lendemain matin, mes deux croissants rassis et mon robusta dans l'estomac, j'entrepris gaiement de me rendre sur les lieux de la formation que je devais donner. Je voulais arriver à l'heure. Un embouteillage monstre ne l'entendait pas cette oreille. Ni la pluie. Ni le brouillard. Ni les panneaux indicateurs fantômes.

Le soir, j'entrepris de me détendre et de me restaurer au Café Français dans le centre de la ville. La fanfare teutonne s'exerçant à la reinterprétation des classiques populaires de Bavière près de la terrasse où je dînais m'auront rapidement fait adhérer au CCC.

Je ne m'apesantirai pas sur l'amabilité des chauffeurs de bus Ayrton Senna Compliants refusant de prendre la monnaie à la main [2] et je ne vous narrerai pas les histoires de suicides effectués du haut du Pont Rouge, faisant attérir les malheureuses victimes dans la cour de récréation de l'école primaire située en contrebas.

Sinon, c'était sympa.

Notes

[1] Où alors, c'était un séïsme (il n'y a pas de métro au Luxembourg.)

[2] Dans la coupelle, monsieur, dans la coupelle. A vous rendre les chauffeurs de la RATP quasiment sympathiques.