Note : ce billet est une reprise de l'article que j'ai publié sur le blog de Clever-Age, Google Gears : vous pouvez vous déconnecter.

Edit : Article publié sur ZDNet, la gloire ^^

Google a annoncé aujourd’hui à l’occasion du Google Developer Day le lancement de sa réponse technique concrète aux problèmes de la consultation et de la synchronisation de données web en mode déconnecté : Google Gears.

Cette réponse prend la forme d’une extension pour navigateur web (Firefox sur Windows, Mac et Linux, Internet Exporer sur Windows [1]) comprenant un serveur local, une base de données et un gestionnaire de transactions permettant de transformer le navigateur en solution client-serveur local afin de régler l’épineux problème du travail en mode déconnecté avec les applications web modernes.

En effet, si les applications en ligne se sont considérablement enrichies et sophistiquées ces dernières années, au point de devenir de plus en plus indispensables à certains d’entre nous, elles subissent cependant pour la plupart d’entre elles d’une limitation importante : la nécessité d’être en permanence connecté à internet pour fonctionner. Nombreux sont les cas d’impossibilité de se connecter au réseau des réseaux : zone de couverture, problèmes matériels, d’infrastructure, etc.

Bien sûr, certains se sont déjà - et parfois depuis longtemps - penchés sur la question. C’est le cas de Mozilla avec l’ajout dans la version 2 de Firefox d’une base de données SQLite ou du projet Zimbra permettant la sauvegarde de ressources locales. Mais l’une des solutions les plus avancées semblait se situer du côté du Dojo Offline Toolkit, un projet open source proposant des fonctionnalités de stockage d’interfaces, de données et d’applications en local et des fonctionnalités de synchronisation.

Google Gears se base sur cette dernière solution, embarquant le Dojo Offline Toolkit et une base de données SQLite au sein même de son extension. L’extension est open source (sous licence new BSD) et peut à ce titre être redistribuée dans une application embarquant le runtime ou utiliser une installation existante de l’extension. La disponibilité du code est également une bonne garantie quand à la transparence, au taux d’adoption, à la sécurité et l’évolutivité du produit [2]

Une des premières mises en oeuvre intéressantes de Gears se situe depuis ce matin dans Google Reader, l’agrégateur en ligne de Google : les utilisateurs ont pu remarquer la présence d’un nouveau bouton permettant de récupérer en local les 2000 derniers éléments non-lus afin de pouvoir les consulter hors-ligne.

Synchronisation de données en local dans Google Reader

Évidemment, ceci n’est qu’un début et Google ajoutera progressivement ce type de fonctionnalités à ses applications en ligne phares comme GMail, Calendar, Docs, etc...

Google Gears ne sera cependant pas limité au monde de Google, mais sera utilisable par tout éditeur de site Web concerné par ce type de problématiques. Imaginons par exemple l’application d’un constructeur automobile permettant de configurer son véhicule : l’utilisateur télécharge alors de façon transparente le catalogue des éléments disponibles et peut ensuite prendre tranquillement l’avion, utiliser l’application pendant le vol en configurant sa future voiture. Une fois rendu à destination, il synchronise sa simulation une fois reconnecté à internet et envoie les données au serveur web du constructeur.

Plus directement utile ? Le téléchargement en local des données cartographiques et des points d’intérêt de votre futur périple au bout du monde, hors-zone de couverture internet ? Vous y êtes ?

Alors, tout est au mieux dans le meilleur des mondes ? Peut-être pas, si l’on considère cette initiative de Google sous l’angle de la standardisation : en effet, Google et les équipes de développement Dojo proposent aujourd’hui une solution qui est basée sur un effort de réflexion qui a été initié auprès d’un nombre restreint de participants ; quid si demain Microsoft publie sa propre interprétation du problème ? Allons-nous à nouveau assister à un affrontement des deux géants, avec tout ce que cela implique en terme de problèmes d’interopérabilité ? Le fait qu’Adobe semble vouloir intégrer Gears dans Appolo et que Mozilla et Opéra soient de la partie risque de complexifier encore un peu plus le problème pour l’éditeur de Redmond.

Reste que le sujet est à surveiller de près, car les enjeux sont énormes à l’heure où les applications web tendent à empiéter de plus en plus sur le territoire des applications client-lourd traditionnelles.

[1] Le support de Safari et d’Opéra est d’ores et déjà annoncé.

[2] Déjà une mise à jour depuis le lancement ce matin même !